Alors aujourd’hui, j’inaugure une nouvelle section dans ce blog en parlant d’un livre que j’ai récemment lu. Alors, ce n’est pas vraiment une critique ou une chronique d’un roman, ça serait plus une sorte de commentaire.

Le livre d’aujourd’hui est 2048 de Yann Moe :

2048

L’histoire se déroule dans la vie de Félicité en 2048 (comme le titre l’indique). Félicité est une démocratie écologique. C’est une ville autonome sur les plans énergétique et alimentaire. Le roman suit plusieurs personnages avant et après qu’un meurtre ait été commis.

Assez rapidement, le texte nous fait nous demander si nous sommes dans une utopie ou dans une dystopie. Pour rappel l’utopie décrit une société parfaite où tout le monde est content et heureux et la dystopie c’est l’inverse. En fait non, la dystopie n’est pas vraiment ça, c’est plus une utopie qui aurait foiré. Un monde conçu comme parfait qui dérape.

Les exemples modernes de vrai utopie ne courent pas les rues. Alors que les exemples de dystopie sont légions dans la culture populaire.

Le problème principal de l’utopie est qu’elle ne fait pas de bonnes histoires. Une fois qu’on a décrit un monde parfait où tout le monde est heureux, il est compliqué de trouver une véritable intrigue pour des personnages qui pourrait évoluer dans cet univers où tout se passera toujours bien. Il n’y a pas d’enjeux dramatiques dans une véritable utopie.

Dans la dystopie, les personnages peuvent combattre le système, le subir ou le défendre.

Pour le roman 2048, l’auteur a eu la bonne idée de ne jamais prendre position pour l’une ou l’autre des solutions. À vrai dire, le monde décrit peut être interprété de deux manières différentes :

Soit, il est insupportable de vivre dans un monde codifié à l’extrême dans le seul but de sauver la nature (ça veut dire prendre une amende si on jette un papier par terre, manger de la viande une fois par semaine, ne plus pouvoir cuisiner chez soi pour économiser la cuisine et les meubles de cuisine…).

Soit, on accepte des sacrifices pour sauver la nature et on a un mode de vie écologique (avec en plus des notions de démocratie directe et une technologie plus ou moins invasive qui facilite et contrôle certain aspect de la vie).

Rapidement, on peut se dire que les habitants de Félicité n’ont plus de liberté, mais le texte rappelle constamment qu’abandonner leur liberté permet d’aider à sauver la terre. L’équation peut se résumer ainsi : vivre libre ou mourir dans une catastrophe naturelle.

Alors certes, le roman ne répond pas à toutes les interrogations sur cette société. L’histoire ne remet en cause qu’une partie de ce monde. D’ailleurs, l’auteur s’ouvre une porte pour une éventuelle suite.

En résumé, c’est un texte qui amène à une réflexion sur ce que nous sommes prêts à sacrifier pour sauver la planète. Nous ne sommes pas totalement dans une utopie, mais pas vraiment dans une dystopie non plus.