Les mondes de Lawrence Singclear

blog d'un architecte des mots

Bilan du nanowrimo

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Je ne suis pas trop passé dans le coin depuis un bail. Comme vous le savez certainement, j’ai occupé mon mois de novembre à faire le nanowrimo. L’objectif que je m’étais fixé était d’écrire un roman de 50000 mots. Le texte se devait d’être inédit, ce qui signifiait que je n’envisageai pas de faire un bout d’un autre roman ou encore une suite. Alors même si j’aime bien les suites, j’avais décidé de faire cette année un texte qui ne pourrait pas avoir de tome 2.

Je peux vous l’annoncer : le défit est relevé. Ces trente jours de gestation ont donné un gros bébé de 51695 mots. Bon, pour le moment, il est rempli de fautes d’orthographe et de diverses incohérences. Mais durant la phase de correction, je m’emploierai à les éliminer.

Le but avoué est d’arriver à le publier sur Amazon où il rejoindra ce bon vieux Bitture Express.

Que dire de plus sur ce nouveau roman ?

J’ai souvent été à la bourre durant le mois et j’ai réussi à rattraper mon retard sur les derniers jours. Je n’ai pas encore redécouvert ce premier jet et il y a beaucoup de chance pour que je me surprenne mois même. Pendant les 20000 premiers mots, j’ai trouvé que je posais le cadre un peu trop vite. Après cette limite, les enjeux sont connus et le reste du texte s’attarde plus précisément sur actions des protagonistes.

D’ailleurs pour parler d’eux, je dirais qu’ils ont été à peu près sages et qu’ils n’ont pas essayé de mettre le bazar. Il y a juste une occasion où un des personnages en a eu marre d’être un second rôle. Mais je l’ai calmé rapidement.

Je travaille habituellement sans plan et ça a été encore le cas pour le coup. Si la plus grande partie était prévue en amont, j’ai tout de même laissé un peu de liberté à mon imagination pour remplir les trous.

Bon je vous raconte tout un tas de trucs pas très passionnant qui ressemble plus à un égo trip de rappeur, mais ce n’est pas grave. J’espère vous faire découvrir ce nouveau texte prochainement en tout cas !

November is coming

Le 31 octobre est enfin arrivé. On a changé l’heure et on s’habitue à peine voir le soleil se coucher de plus en plus tôt. Les feuilles tombent, le brouillard envahit les plaines de Flandre au levé du jour.

November is coming.

Oui je sais, j’ai piqué cette phrase au trône de fer. Pour le coup, le mois de novembre viendra bien avant l’hiver sur Westeros (ça fait une bonne dizaine d’années qu’on l’attend cet hiver).

Si vous avez bien suivi les derniers posts du blog, novembre veut aussi dire le mois du nanowrimo.

L’épreuve littéraire commence ce soir à minuit pour être précis. Ceci implique qu’aucun mot écrit avant minuit ne peut être comptabilisé dans le compteur de mots.

Autre règle concernant la régularité, il faut arriver à écrire 1666 mots par jours pour ne pas prendre de retard. Dans ce genre de marathon prendre quelques jours de retard peut rapidement être problématique.

Au niveau de la préparation, j’ai beaucoup joué à H1Z1 et à Rocket League sur pc, j’ai regardé des séries : Walking Dead, Westworld, j’ai pris des photos inutiles de bâtiments. J’ai téléchargé oStorybook un logiciel pour organiser mes idées, je l’ai ouvert et je l’ai fermé au bout de 5 minutes. J’ai mis à jour Open office et Libre Office et aussi language tool et Grammalectre (oui à chaque programme son correcteur pas de jaloux). J’ai paramétré mon logiciel de traitement de texte pour qu’il sorte des tirets cadratins quand je lui demande.

Bref tout un tas de truc pour dire que je n’ai toujours pas de plan. J’ai vaguement des personnages et des situations.

Je sais juste que ce soir à minuit, un type va se réveiller dans une forêt. Il ne saura pas qui il est, ni ce qu’il doit faire. Devant lui, il y aura un sentier qui mène à une cabane en bois. Sur son bras, il y aura un tatouage : 42.

Nanowrimo 2016 – La couverture du roman

42

Alors aujourd’hui, j’ai l’honneur de vous présenter la couverture de mon futur roman. Dans le même, temps pour les plus observateurs, vous remarquerez aussi le titre.

Habituellement, je fais mes couvertures de livre après les avoir écrit. Elle me permette de mettre en image un élément de mes romans. Cependant pour ce nouveau texte, je dois dire qu’à deux semaines du début des hostilités, je n’ai qu’une idée assez vague de ce que je vais écrire.

J’aime bien cette couverture, parce qu’elle ne dit pas vraiment dans quel genre littéraire on se trouve, en fait, elle pourrait aussi bien servir pour un polar champêtre que pour de la dark fantasy. Le titre est tout aussi énigmatique. Les plus geeks reconnaîtront la réponse à la grande question de l’univers et de tout le reste.

Bon évidemment j’espère que la couverture et le titre sauront donner l’eau à la bouche à quelques lecteurs. De plus, ce n’est pas forcément une couverture définitive, elle peut changer en cours de route.

J’imagine que vous avez envie de savoir comment j’ai réalisé ceci ? Ben même si vous avez pas trop envie, je vais vous le dire.

Dans un premier temps, j’ai pris en photo une tour avec mon téléphone, en l’occurrence, c’est la tour de l’église de Bergues. Dans un second temps, j’ai passé la photo au filtre Heisenberg de Prisma. L’application sur smartphone donne cet air de dessin fait à la main à la photo. Si vous ne savez pas ce qu’est Prisma, c’est une application qui fonctionne un peu comme Deep Dream de Google, mais avec des résultats moins flippant. Si vous voulez en savoir plus sur Deep Dream, j’ai fait un article dessus y’a quelques mois.

Enfin, j’ai passé l’image à la moulinette de Canva un site de création graphique qui est à la fois simple et efficace.

Maintenant, il ne me reste plus qu’à écrire le roman qui va avec l’image.

Nanowrimo 2016

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À peine le mois de septembre terminé qu’octobre montre son visage. L’été est bel et bien enterré, les écharpes mettent au placard les T-shirts et les nez qui coulent, remplacent les teints bronzés. Les feuilles tombent, la rentrée n’est plus qu’un souvenir lointain et les jours déclinent.

Pourquoi parler du mois d’octobre ? Le seul intérêt de ce mois est de donner naissance à l’issue de 31 jours de gestation au mois de novembre.

En novembre, l’agonie de l’année est pleinement consommé, le froid est définitivement là et la morosité s’abat sur tout le monde. Ce mois compte deux jours fériés : la Toussaint où on fête les sains, suivi de la fête des morts où on fête les morts (c’est joyeux) et l’armistice pour la première guerre mondiale (encore un événement avec plein de mort).

Le mois de novembre est aussi celui du beaujolais nouveau et celui de movember où les hommes se laissent pousser la moustache pour lutter contre les maladies masculines. Cette année, le mois de novembre sera aussi le mois sans tabac en France et celui des élections présidentielles aux États-Unis. Il y aurait beaucoup de choses à dire sur tous ses sujets, mais à vrai dire si je vous parle du mois de novembre, c’est plutôt pour évoquer un autre événement capital dans l’année des écrivains : le nanowrimo. Depuis 1999, le mois de novembre est celui où quelques centaines de milliers de personnes se lancent pour défis d’écrire un texte de 50 000 mots.

Le but de tout ça ? À part écrire un texte de 50 000 mots, il n’y a pas vraiment de but. Par contre, l’intérêt est de pouvoir écrire au sein d’une communauté et de pouvoir profiter de l’émulation collective. À la fin du mois, on gagne un certificat et le sentiment du travail accomplit.

Certes, à l’issue de cette orgie littéraire les textes sont plutôt bruts, mais le but n’est pas de faire du beau, mais plutôt d’avoir une première base sur laquelle on peut travailler.

J’ai déjà participé à de multiples reprises à cette expérience. Je dois avouer que je n’ai pas toujours gagné. Une bonne idée ne permet pas toujours de pouvoir tenir un roman sur un mois. J’ai tout de même réussi à sortir un roman de zombie impatient et furieux durant mon premier nanowrimo en 2007. Quelques années plus tard j’ai même donné deux autres suites à ce premier essai.

J’ai entre-temps échoué durant d’autres mois de novembre, il y a deux raisons à cela : soit par manque de temps, soit parce que l’histoire n’allait pas où je le voulais.

Ces quelques échecs m’ont tout de même laissé des bouts de roman qui sont parfois plaisant à retravailler.

Et vous me direz, qu’est-ce qui est prévu pour la cuvée de 2016 ?

Pour le moment, j’ai surtout en tête le début et la fin. Le reste est encore assez flou. Les personnages sont aussi assez floue, mais j’ai à peu près un concept d’histoire en tête. Bon par contre je n’ai pas trop réfléchis à un synopsis ou à un titre donc pour le moment vous n’en saurez pas plus.

Nos ancêtres les gaulois

De nos jours, lorsqu’on est un politique de droite, il est de bon aloi d’avoir une opinion sur ce qu’est l’identité nationale Française. Les Belges, les Canadiens, les Africains et tous les autres Francophones vous pouvez sortir, on vous rappellera (non je déconne, vous pouvez rester). Malheureusement, ce n’est pas vraiment le genre d’opinion qui remettra en cause le monde ou qui sera une grande révélation sur le destin de l’humanité…

Récemment, un ancien président qui souhaite le redevenir a sorti de son chapeau magique la bonne vielle formule : « dès que vous devenez Français, vos ancêtres sont gaulois. »

Alors déjà, si vous vous dites que les Gaulois c’est Astérix et la potion magique, eh bien je peux vous dire que vous ne partez pas sur de bonnes bases.

En fait, il faudrait plutôt parler de peuple Celte. Il n’y a pas de pouvoir central à l’époque, mais plutôt de multiples cités plus ou moins indépendante, avec une architecture, des champs, des coupeurs de bois et tous ce qu’il faut pour faire un peuple.

En fait, le pire dans cette histoire c’est que nous devons appellation de Gaulois aux Romains. Le conquérant nomme le conquit, c’est à la foi charmant et ridicule.

Au niveau de la religion, ces braves Gaulois sont plutôt polythéistes. Certes le christianisme n’était pas encore créé, mais ils auraient pu faire un petit effort. Il faut quand même rappeler qu’on nous sert à toutes les sauces que la France est de racine chrétienne. Je trouve les Gaulois assez peu civiliser pour ne pas adorer Jésus quand même.

Alors vous allez me dire, c’est quoi le rapport avec la France ? Eh bien, les gaulois vivaient plus ou moins dans le territoire de ce qu’on appelle aujourd’hui la France.

Vous me direz ensuite, c’est bien beau tout ça, mais en quoi on peut être fier de dire que nos ancêtres sont des gaulois ? Je répondrais que c’est une bonne question.

C’est bizarre, mais lorsqu’on pense aux Gaulois on pense tout de suite à Vercingétorix qui a unifié toutes les tribus pour au final tomber sur un type plus génial que lui. Le problème en France, c’est qu’on connaît plus la chute des Gaulois que leurs réalisations. Se réclamer des gaulois c’est un peu penser que Dan Quayle est un grand homme politique (je vous laisse rechercher qui il est).

Se réclamer de « nos ancêtres les Gaulois » est aussi parcellaire que honteux, c’est une identité au rabais qu’on essaie de vendre aux Français.

C’est ignorer qu’après les gaulois il y a eu les Romains, les Vandales, les Germains, les Francs et les Arabes (et tout ça avant la renaissance…).

Pour moi, ce que cet homme politique fait sans vraiment le savoir, c’est plutôt se réclamer d’Astérix et d’Obélix. Il est en effet plus glorieux de se penser comme un résistant face à l’oppression romaine tout en étant aidé de la potion magique. Malheureusement, il convient de préciser que nous parlons ici d’une bande dessinée.

Je suis Français, mais si j’ai envie qu’on me fasse rêver avec l’histoire, convoquons l’empire Romain auquel on doit notre droit, nos arènes, nos routes, nos aqueducs, la tolérance religieuse (bon ok sauf pour les chrétiens)… Pourquoi alors que Charlemagne se réclamait de l’empire Romain, on s’escrime à se réclamer de ceux battu par cet empire ?

À vrai dire le problème de l’identité n’est pas de savoir qui a occupé nos terres il y a plus de 2000 ans, mais de se poser la question de qui nous sommes aujourd’hui. On peut se réclamer autant qu’on veut des Gaulois, mais c’est méconnaître qu’ils n’ont pas construit la France et qu’ils ne sont même pas enviable pour un mythe fondateur. D’ailleurs je ne vois même pas l’intérêt d’avoir un mythe fondateur national à l’heure de la mondialisation. Nous sommes tous autant Gaulois que Romain, que Franc, que Vandale, Wisigoth, Arabe ou tous simplement humains.

Limiter la France au seul Gaulois c’est avoir honte de la richesse des origines de nos concitoyens, c’est se répandre dans la défaite d’Alésia.

Alors certes, au-delà des Gaulois, c’est une histoire fantasmée de la France qu’on essaie de nous vendre. Une histoire où il y aurait une continuité dans le changement, où la France serait une et indivisible et qu’elle aurait ses racines dans l’aube des civilisations.

Certes je ne suis pas stupide et je comprends bien que lorsqu’on veut imposer à tous les Français des ancêtres Gaulois on essaie surtout de stigmatiser une partie du peuple récemment arrivé ici. Je comprends aussi qu’on essaie de draguer un électorat apeuré qui pense qu’on essaie de remplacer la population Française… Mais bon ceci est un autre débat.

2048: entre utopie et dystopie

Alors aujourd’hui, j’inaugure une nouvelle section dans ce blog en parlant d’un livre que j’ai récemment lu. Alors, ce n’est pas vraiment une critique ou une chronique d’un roman, ça serait plus une sorte de commentaire.

Le livre d’aujourd’hui est 2048 de Yann Moe :

2048

L’histoire se déroule dans la vie de Félicité en 2048 (comme le titre l’indique). Félicité est une démocratie écologique. C’est une ville autonome sur les plans énergétique et alimentaire. Le roman suit plusieurs personnages avant et après qu’un meurtre ait été commis.

Assez rapidement, le texte nous fait nous demander si nous sommes dans une utopie ou dans une dystopie. Pour rappel l’utopie décrit une société parfaite où tout le monde est content et heureux et la dystopie c’est l’inverse. En fait non, la dystopie n’est pas vraiment ça, c’est plus une utopie qui aurait foiré. Un monde conçu comme parfait qui dérape.

Les exemples modernes de vrai utopie ne courent pas les rues. Alors que les exemples de dystopie sont légions dans la culture populaire.

Le problème principal de l’utopie est qu’elle ne fait pas de bonnes histoires. Une fois qu’on a décrit un monde parfait où tout le monde est heureux, il est compliqué de trouver une véritable intrigue pour des personnages qui pourrait évoluer dans cet univers où tout se passera toujours bien. Il n’y a pas d’enjeux dramatiques dans une véritable utopie.

Dans la dystopie, les personnages peuvent combattre le système, le subir ou le défendre.

Pour le roman 2048, l’auteur a eu la bonne idée de ne jamais prendre position pour l’une ou l’autre des solutions. À vrai dire, le monde décrit peut être interprété de deux manières différentes :

Soit, il est insupportable de vivre dans un monde codifié à l’extrême dans le seul but de sauver la nature (ça veut dire prendre une amende si on jette un papier par terre, manger de la viande une fois par semaine, ne plus pouvoir cuisiner chez soi pour économiser la cuisine et les meubles de cuisine…).

Soit, on accepte des sacrifices pour sauver la nature et on a un mode de vie écologique (avec en plus des notions de démocratie directe et une technologie plus ou moins invasive qui facilite et contrôle certain aspect de la vie).

Rapidement, on peut se dire que les habitants de Félicité n’ont plus de liberté, mais le texte rappelle constamment qu’abandonner leur liberté permet d’aider à sauver la terre. L’équation peut se résumer ainsi : vivre libre ou mourir dans une catastrophe naturelle.

Alors certes, le roman ne répond pas à toutes les interrogations sur cette société. L’histoire ne remet en cause qu’une partie de ce monde. D’ailleurs, l’auteur s’ouvre une porte pour une éventuelle suite.

En résumé, c’est un texte qui amène à une réflexion sur ce que nous sommes prêts à sacrifier pour sauver la planète. Nous ne sommes pas totalement dans une utopie, mais pas vraiment dans une dystopie non plus.

France Portugal, récit d’une dramaturgie parfaite

une coupe

Nous aimons tous les belles histoires.

Qu’est-ce qu’une belle histoire ? C’est le genre de récit où malgré des obstacles réputés insurmontables, le héros ou l’héroïne finit par gagner à la fin (ou pas). Alors certes, les légendes, la littérature et le cinéma comprennent toutes sortes d’histoire avec toutes sortes de variations, mais on peut être d’accord sur un point très important énoncé par Corneille : « à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. »

Une histoire où le héros réussit tout ce qu’il entreprend sans jamais se mettre en danger n’est pas très intéressante. Sans élément perturbateur, ce genre d’histoire lassera rapidement.

Wikipédia nous donne la définition suivante de la dramaturgie : « c’est l’art de transformer une histoire, vraie ou imaginaire, en un récit construit, comportant un ou des personnages en action. »

Selon ce principe-là je vais essayer de vous montrer pourquoi la finale de l’euro 2016 entre la France et le Portugal est une bonne histoire avec de solides bases dramaturgiques.

On va débuter tout ça par une petite liste de présentation des personnages. Il faut bien garder à l’esprit que nous ne parlons pas de sport mais de dramaturgie :

Portugal :

-Aucune victoire en coupe internationale : élément positif. Avoir la figure de l’outsider est une force dans un récit. Tout le monde aime les outsiders, ceux qui ne sont pas promis à un grand destin, mais qui y arrive à la force de leur volonté. Il y a aussi l’idée d’une quête à accomplir, être les premiers de l’histoire à ramener une coupe à la maison.

-Le Portugal n’a jamais battu la France : gros point positif. Affronter un ennemi qui nous a souvent envoyé au tapis fait monter la tension dramatique. Je pense presque à Luke Skywalker qui affronte son père dans le Retour du Jedi. Dans l’épisode précédent, Dark Vador lui avait tranché son bras et ce dernier avait dû reconnaître sa défaite. Le dernier combat de la première trilogie est donc plein de tension dramatique. L’issue est ouverte : Luke peut-il défaire son ennemi ? Les ressorts scénaristiques pour la finale de l’euro sont les mêmes. Malgré, les statistiques et l’histoire, le Portugal peut-il gagner contre la France ?

-Ronaldo le meilleur joueur au monde : pour le coup, c’est un point négatif. Dans l’imaginaire collectif, on imagine rien de mieux que la chute du meilleur. En plus, Ronaldo est du genre à avoir un égo aussi grand que son talent avec une balle aux pieds. La chute en plus d’être attendu est presque prévisible. Je vous renvoie de ce fait à toute la série de films Rocky qui présentent la grandeur et la décadence dans le monde de la boxe.

-Le parcours du Portugal durant la compétition : dire que le Portugal a brillé durant l’euro serait un mensonge. En phase de poules, ils n’ont gagné aucun match et ont enchaîné les nuls. En phase éliminatoire, ils vont jusqu’aux prolongations en 8e de finale et jusqu’au tir au but en quart de finale.Vu de l’extérieur, il faut se rendre à l’évidence, les Portugais reviennent de loin. À plusieurs, reprises, ils sont passé prêt de l’élimination. Ce genre de chose leur donne une aura combative. À vrai dire, leur tournoi dans l’euro ressemble à un épisode d’Olive et Tom. Ils sont toujours à deux doigts de perdre, mais au prix de nombreux efforts, ils arrivent à s’en sortir à la fin.

France :

-La France a déjà gagné des trophées internationaux : dans une intrigue, c’est à double tranchant. Si c’est les mêmes joueurs qui ont déjà gagné, on peut leur répondre : « ouais mais de toute manière vous avez déjà plus rien à prouver ». En l’occurrence, les vainqueurs de 1998 sont soit devenu présentateurs, soit entraîneurs ou soit rien du tout. De ce fait, vivre dans l’ombre d’un passé glorieux peut-être un bon moteur pour une histoire. Il ne faut cependant pas tomber dans le péché de vanité, parce que personne n’aime les vaniteux (cf Ronaldo)

-La France organise l’euro : là on a un mauvais point du point de vue scénaristique. Les ennemis du héros aiment bien choisir le lieu de la confrontation finale. Si on ajoute à ça un public acquit à la cause des bleus, on a une situation de force qui n’est pas bon en dramaturgie. Comment peut-on gagner alors qu’on se trouve dans le pays de l’adversaire ?

-La France a gagné avec panache ses précédents matchs : avant la finale, les résultats de l’équipe de France parlent d’eux même. On a une équipe qui avale et digère ses adversaires (bon ok, dans la réalité c’est pas comme ça, mais là on est dans une histoire). Pourfendeur de l’Islande qui avait tenu en échec le Portugal, vainqueur du champion du monde Allemand, la France est favorite dans le duel qui l’oppose à ses amis européens.

-Le Duel Ronaldo-Griezman : il y a peu de temps la finale de la coupe des champions avaient opposé le Real de Madrid de Ronaldo à l’Atletico de Madrid de Griezman. Ronaldo était sorti vainqueur de ce duel. D’un point de vue dramaturgique, Griezman doit donc se servir de cette finale de l’euro pour se venger de l’affront subis durant cette finale. Le duel de deux nations se résument donc par un affrontement entre deux hommes. Mais pour aller plus loin, on dira que les deux joueurs ont des personnalités différentes entre le plus âgé et l’étoile montante, entre le vaniteux et le timide, l’avantage va à Griezman dans la guerre des symboles. Alors certes, si nous étions dans le Trône de fer, Griezman se ferait trancher la tête à un moment après s’être vaillamment battu, mais nous ne sommes pas dans le Trône de fer et personne n’aura la tête tranchée à l’issue de la finale.

À l’issue de la présentation des protagonistes, il apparaît que les Portugais sont dramaturgiquement placé pour gagner. Il y a cependant un inconvénient majeur à leur victoire : Ronaldo, qui passe plus pour un dieu du foot que pour un humain fait de chair et d’abdos.

Le match :

C’est dans un stade de France aux couleurs des bleus, mais au son du Portugal que le match commence. La pelouse est dans un état de délabrement relatif et une armée de papillons de nuit ajoute un effet poétique aux images.

Il y a un orchestre de cuivre et de corde qui reprend 7 nations army. David Guetta mixe le tube de l’euro et de l’été, des enfants dansent et la fête commence.

Assez rapidement, l’ogre Français attaque. Les dix premières minutes montrent une équipe de France combattante et prête à tout. Les rouges peinent à repousser les attaques de la vague bleue. Le tsunami emporte le genou de leur meilleur joueur, Ronaldo est à terre. Un contact un peu trop appuyé de Payet a mis à bas le dieu du foot et l’a relégué au statut d’homme.

Le petit coup de spray magique n’a qu’un effet transitoire. Il faudra que un bandage pour permettre à Ronaldo de rester sur le terrain.

Entre temps, Griezman réussit une jolie tête cadrée qui est détourné du bout des doigts. Le public retient son souffle et alors que le match débute, il ne fait plus aucun doute que la France va ouvrir le score dans les minutes qui suivent.

Alors que les yeux portugais sont rivés sur l’état du genou de Ronaldo, Sissoko fait une percée de la défense adverse et tire un boulet de canon qui finit en corner. Le Portugal ne peut que se protéger sous l’égide de Rui Patricio, leur dernier rempart dans les cages.

À la 25e minute, le dieu tombe. Ronaldo est incapable de courir plus loin, il s’écroule et ce n’est pas un papillon de nuit qui passe dans le coin qui change la donne. Le Portugal est à terre, son joueur star est évacué en civière. Il apparaît que l’équipe n’a plus aucun espoir de victoire sans Ronaldo. La tragédie est en place.

Évidemment, je parle de tragédie dans son sens premier et grec : elle est injuste, implacable et elle s’impose au sujet qui devient un simple spectateur de sa chute. En ce sens, la blessure de Ronaldo est une pure tragédie. Il ne peut rien faire pour aller mieux et chacune de ses foulés le rapproche du moment inéluctable où il devra quitter le terrain. Il devient alors une pièce de puzzle inutile à son équipe. La seule solution est de ce faire remplacer par Quaresma, un type avec une coupe de cheveux impériale et des tatouages de gangsta.

Pendant ce temps, les Français se brisent encore et encore contre le portier Portugais. Si d’ailleurs, je puis me permettre cette analogie, le match ressemble de plus en plus à la bataille de Thermopyles. Les Portugais vêtus de rouge comme les Spartiates tiennent bon face aux assauts répété de la France. Bien que ces assauts continuent, avec le temps, ils sont moins dangereux, le glaive gaulois s’émousse petit à petit.

La seconde période n’est qu’une suite de frappes ratés et d’occasion de moins en moins dangereuse. Il n’y a que Gignac pour sortir de la torpeur la France en réussissant un magnifique tir qui s’écrase sur le poteau.

Si ce match était une corrida, le taureau serait fatigué d’essayer de transpercer le voile rouge. Les Portugais sont héroïques dans leur défense. Les Français se retrouvent dans une nasse gluante où il n’y a pas de d’échappatoire.

La France n’est plus flamboyante.

À la fin du temps réglementaire, Ronaldo revient sur la touche pour encourager ses coéquipiers. Amputé de toute utilité dans le jeu, il réussit à encourager son équipe, tel un chef de guerre avant la bataille finale (voir 300, le seigneur des anneaux et la plupart des œuvres contenant des batailles). Avec cette intervention, on est dans le pur retournement de situation, le Portugal est blessé et fatigué mais il n’est pas vaincu. Encore une fois, c’est une technique classique pour décrire une bataille. Le camp des héros est toujours moins fort sur le papier que celui des opposants. Les premiers temps de la bataille sont un vrai massacre où les héros en prennent plein la figure, mais ils tiennent bon. Alors que tout espoir semble perdu, il y a un deus ex machina, une intervention quasiment divine qui change le cours de la bataille et donne l’avantage aux héros. On ne peut pas faire de combat final où les héros gagneraient le combat sans suer une seule goutte. Certes, on peut faire un combat où les héros se font massacrer jusqu’au dernier, mais il faut que dans ce cas là leur défaite ait un sens.

Je ne reviendrai pas sur l’étrange main d’Eder qui vaut un carton à Koscienly. Bon en fait, si je suis obligé d’y revenir. Si le Portugal avait marqué à ce moment-là l’équipe aurait gagné sur un malentendu. Ce genre de victoire n’est pas pleine et entière, elle souffre d’une contestation. Les héros ne peuvent pas gagner en utilisant la triche. Certes, ils peuvent utiliser la ruse, la force ou l’intelligence, mais utiliser la triche revient à dévaluer la victoire. La triche transforme les victoires en truc « bof ».

La victoire des Portugais intervient après un magnifique (et tragique pour les Français) but d’Eder. Cette action ne souffre d’aucune contestation. Elle est la mise à mort de l’équipe de France. Alors certes Lloris peut sentir le souffle du ballon près de ses doigts, mais il est battu. Les dix minutes restantes ne sont que les reptations d’un mourant.

Que faut-il retenir de toute cette histoire ? Eh bien déjà qu’au-delà du match, c’est tout une histoire qui a été conté le 10 juillet 2016 au stade de France. Il y a eut des enjeux dramatiques, des retournements de situation et à la fin les héros ont gagné.

Il est évident que seul le Portugal pouvait gagner à la fin de cette histoire. La manière de gagner est parfaite, Ronaldo hors du terrain rajoute du suspens et son retour pour encourager ses camarades est une preuve de combativité pleine et entière. La rédemption suit la chute et dans ce scénario les éléments s’emboîtent avec perfection jusqu’au dénouement.

Une victoire de la France devant son public aurait été trop prévisible et trop cliché après leur parcours exemplaire durant la compétition.

Il est évident que cette histoire appel une suite : une vengeance de cette équipe de France durant le mondial par exemple. À vrai dire, il se peut que la véritable histoire se trouve là : la France battue et humiliée sur son territoire qui se prépare à conquérir les terres Russes pour laver l’affront. Un grand classique de tous les récits sportifs finalement…

Europe

drapeau de l'europe

Mon histoire avec l’Europe n’avait pas trop mal débuté. Au commencement, lorsque j’ai eu l’âge de tout comprendre, nous étions douze comme les étoiles de notre drapeau.

À l’époque, nous apprenions sur les bancs de l’école qui était nos partenaires économiques dans le cadre de la Communauté Économique Européenne (CEE).

Arriva ensuite le traité de Maastricht, je me souviens des diverses discutions sur le oui ou le non au référendum. Je ne me souviens pas exactement quels étaient les arguments, mais dans ma tête, je sais que le oui a gagné. Les frontières ont été ouvertes au début des années 90 et nous pouvions nous balader un peu partout en Europe avec nos cartes d’identité.

C’était l’époque de l’union européenne. Petit à petit, l’union européenne accueillit de nouveaux membres et grossissait de plus en plus.

Le drame arriva au début du nouveau millénaire. Ma rencontre avec les institutions européennes eut lieu sur les bancs (en fait les strapontins) de la faculté de droit un jour de janvier du second semestre de la première année de DEUG (encore un autre truc désuet).

Je dois dire que rien ne m’avait réellement préparé à ce choc. Certes j’avais fait un premier semestre en droit et j’avais vaguement survécu à des cours de relations internationales, de droit constitutionnel, de droit civil et de méthodologie du droit. Mais les institutions européennes seraient ma bête noire pour plusieurs années.

À la base, l’Europe c’est une bande de type qui se réunissent après deux grandes fêtes à la boucherie mécanisée et qui se disent qu’ils ont déconné. Sur ce postulat d’ivrogne qui prennent des bonnes résolutions le lendemain, les premiers européens décident de s’allier pour éviter la guerre et la mort définitive.

Ils ne trouvent rien de mieux pour s’allier que de collaborer sur le charbon et l’acier. Vous allez me dire mais pourquoi le charbon et l’acier ? Je vous répondrais qu’en 1951, le charbon et l’acier était indispensable pour faire la guerre (cf, les fusils, les canons, les chars d’assaut). En plus comme le déclara Jean Monnet ceci participait à une politique « des petits pas ».

Tout ça commence très bien, sauf que… en fait, ça ne commence pas là.

L’histoire des institutions européennes ne commence pas en 1951, mais en 1949.

A l’issue de la seconde guerre mondiale avec son lot de combat, de génocide, de massacre et d’atteinte au droit de l’homme en tout genre, une bande d’humaniste décide de créer un traité pour plus que ça n’arrive (oui je sais je l’ai déjà dit). Ils créent le conseil de l’Europe et adopte l’année suivante la déclaration européenne des droits de l’homme. Dans la foulée, ils invitent le plus de leur pote à la fête. D’ailleurs de nos jours, le conseil de l’Europe comprend 47 États membres et tout un tas d’états observateurs dans le monde.

L’idée géniale du conseil de l’Europe a été d’instituer la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH pour les intimes). Cette cour a pouvoir de condamner les états qui ne respecte pas la déclaration européenne des droits de l’homme. La cour ne s’est pas faite prier pour condamné la France à plus de 600 reprises (oui la France le pays des droits de l’homme et tout ça)…

En apprenant ceci les méandres de la création du Conseil de l’Europe, j’eus l’immense déception de constater qu’il n’avait rien à voir avec l’union européenne.

Les institutions européennes peuvent se résumer selon l’axiome suivant : pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer ?

Revenons à la grande union du charbon et de l’acier. Le charbon et l’acier ne suffisant pas, on a créé la communauté économique européenne en 1957 et vu que ça ne suffit toujours pas on fonde la même année la communauté européenne de l’énergie atomique.

À ce niveau-là, le pauvre étudiant en droit de première année a juste envie de se défenestrer. Cependant la défenestration du rez-de-chaussé est rarement efficace. Il faut évidemment préciser à ce niveau du récit que les amphithéâtres des premières années se trouve en rez-de-chaussé tout en bas de l’échelle sociale de la faculté.

Après tout un tas de péripéties (oui je suis sympa je ne vous parlerais pas de l’échec de l’armée européenne), nous en arrivons à Maastricht et à la création de l’union européenne qui simplifie tout le bazar : on rassemble la CECA, la CEE et la CEEA. Dans le même coup, on crée le parlement européen élu par le peuple, la cours de justice de l’union européenne (ne me demandez pas à quoi elle sert, je devais dormir à ce moment-là), la commission européenne et enfin le conseil européen. À partir de la création du conseil européen, l’étudiant en droit est persuadé qu’il existe un complot contre lui et contre sa réussite en faculté. On résume aussi ceci par l’interjection : « bande de connard ».

Il faut quand même oser créé le conseil européen, alors que le conseil de l’Europe existe et n’a absolument rien à voir. Ceci nous amène à nous poser diverses questions sur les gens qui créent les noms des institutions. J’imagine soit un pari perdu, soit un choix après une soirée d’alcoolique, soit un choix avec du « pique nique douille c’est toi l’andouille »

La dernière phase du cours d’institution européenne aborde le fonctionnement de chaque institution et leurs compétences propres. À vrai dire, si le droit constitutionnel ne vous a pas tué, les institutions européennes s’en chargent. On a donc un truc supra national qui a un certain pouvoir, mais pas trop quand même et qui dit des trucs aux états du genre : « ça serait bien si vous faisiez ça », « les mecs vous avez un plan triennal pour appliquer cette directive sinon on dit à tout le monde que vous êtes des pas beaux » ou du genre :

« Ouais les gars, ça vous dirait d’accueillir des réfugiés chez vous ?

-Je sais pas j’ai piscine.

-Ils sont chrétiens ces réfugiés ? Parce que nous on prend que les chrétiens.

-Vous nous donnez combien pour chaque réfugié ?

-Notre pays estime que l’accueil des réfugiés est une question de souveraineté nationale.

-On a pas assez de place pour accueillir des gens.

-Il faudrait d’abords définir ce qu’est un réfugié.

-Je préfère qu’on fasse un groupe de travail pour réfléchir à la possibilité ou non de l’accueil des réfugiés, en attendant on peut toujours laisser la situation pourrir, il est fort probable que le problème se règle tout seul. »

L’union européenne, c’est aussi des compétences en matière de classification des fruits et légume selon leur taille, des discussions sur l’éventuel déménagement du parlement de Strasbourg à Bruxelles, des réflexions sur la pêche en mer, des débats sur la monnaie unique, des vœux pieux sur les droits de l’homme, des harmonisations de diverses choses et tout un tas d’autres détails indispensables qui sont totalement incompris par les citoyens.

Si vous avez rien compris c’est normal. J’ai moi-même eu beaucoup de mal à comprendre quelques choses aux institutions européennes. Précisons que j’ai repassé cette (putain de) matière 6 fois (deux fois par années), j’ai abandonné toute envie d’avoir la moyenne et j’ai compensé avec d’autres matières où j’étais meilleur.

L’histoire ne s’arrête pas là, parce qu’en troisième année de droit, j’avais un cours nommé Droit Européen. Durant ces interminables heures de cours, j’ai appris que l’Europe avait créé du droit et j’ai aussi apprit comment elle l’avait créé. Je sais aussi à présent quel place a ce droit dans la hiérarchie des normes. Il y a une chose que l’on n’apprenait cependant pas, c’était de savoir ce que ce droit contenait. Je ne m’en suis guère formalisé et comme à mon habitude, j’ai préféré mettre l’accent sur d’autres matières dans l’espoir de compenser.

La construction européenne me laisse depuis un goût amer au fond de la bouche. Certes, assembler les peuples et les faire vivre ensemble pour éviter qu’ils se massacrent est un but louable, mais finalement, cet amas d’institution inutilement obscure pour le profane finit par faire détester l’union européenne aux citoyens européens.

Le pire est de constater l’impuissance de ces institutions face à une crise. Non en fait, le vrai pire, c’est de constater que malgré tout l’attirail juridique, l’union européenne n’arrive toujours pas à transcender l’égoïsme des états.

Un beau jour de juin 2016, les Britanniques ont dit : « tchao, on se casse » de l’union. Ma première réaction ce matin a été de me dire : « oh les cons ». Ma seconde réaction a été de penser à toutes les fois où je me suis tapé des notes entre 5 et 0 sur 20 à l’épreuve d’institution européenne. J’avais donc appris toutes ces notions et ces grands principes pour en arriver finalement à ce peuple qui dit non à la grande communauté continentale.

Bon certes, techniquement leur vote ne voulait pas forcément dire ceci. Mais bon, lorsqu’on met un bulletin de vote « out », on se pose peut-être un peu la question de savoir ce qu’il en retourne.

La magie des référendums, c’est que les votants aiment bien répondre à tous et n’importe quoi à la question. Vous demandez à un peuple : « les gars vous voulez sortir de l’union européenne ? ». Le peuple répondra :

« Oui, parce que j’aime pas les étrangers et surtout les réfugiés.

-Oui, parce que j’aime pas la gueule du gars qui pose la question.

-Oui, parce que mes parents se sont battus pour la liberté

-Oui, parce qu’il y a un complot pour remplacer la population européenne par des musulmans.

-Oui, mais vous pouvez répéter la question.

-Oui, parce que je suis toujours d’accord. »

Vous allez certainement me demander une conclusion à tout ça. Je vois déjà ceux qui crieront haut et fort que l’Europe c’était mieux avant. Je n’ai qu’une simple réponse à leur fournir : non. Je veux bien que lorsque l’âge vient, on soit frappé de nostalgie, mais bon la nostalgie des états-nations qui se tapent sur la gueule, il ne faut pas pousser mémé.

Autre conclusion possible : faite gaffe aux référendums. Ils paraissent marrants sur le papier, mais quand on a une majorité de la population qui vote n’importe comment on peut se retrouver rapidement dans la merde.

Je pense aussi que ce n’est pas demain la veille que les citoyens comprendront quelque chose au fonctionnement des institutions européennes. Évidemment, tant que nous penseront que les seules choses que nous apporte l’Europe ce sont des billets de banque chelou et des réfugiés, nous serons dans la merde pour comprendre la complexité du monde moderne.

Je noterais tout de même la performance que je viens de réaliser : un nouveau post sur ce blog et toujours rien sur la littérature et les trucs en rapport avec la littérature. C’est une performance qu’il faut noter je pense.

J’envisage aussi un jour de parler de la théorie du complot et peut-être plus précisément de celle du Grand Remplacement, vu qu’en ce moment c’est tout de même à la mode.

comment les ordinateurs rêvent

Saviez-vous que les ordinateurs rêvent ?

C’est pas la peine de regarder votre PC d’un air bizarre ou de me prendre pour un dingue. J’ai découvert Deep Dream, le programme informatique qui fait « rêver » les ordinateurs, en juillet 2015 dans un article du journal le Monde.

Pour faire simple et rapide, les ingénieurs de Google ont inventé un réseau de neurones artificiels et ils leur ont appris en leur montrant des images à reconnaître ce qu’ils voyaient. Ils ont ensuite donné des photos à ce réseau et ils lui ont demandé de dire ce qu’il voyait. La réponse de la machine est à la foi étrange et artistique. Si la machine pense voir un oiseau ou une fleur, elle fera ressembler un peu plus l’image à ce qu’elle pense voir. Finalement, avec une photo simple, on aboutit à un résultat totalement étrange avec une bonne part d’aléatoire. À titre d’exemple, voici une petite photo de moi au Carnaval passé à la moulinette de Deep Dream :

Image modifié avec Deep Dream

Image modifié avec Deep Dream

On a l’impression que l’ordinateur a choisi de me transformer en une sorte d’homme fruit avec la particularité qu’il semble y avoir des yeux à des endroits qu’il ne devrait pas y avoir.

De là, dire que la machine fait de l’art, il n’y a qu’un pas. Mais d’abord qu’est-ce que l’Art. Une petite recherche sur Wikipédia, nous indique que « les arts sont une forme d’expression humaine, généralement influencée par la culture et impulsé par une impulsion créatrice humaine. » On lit plus loin, que les arts permettent « de produire chez l’homme de la sensibilité. » L’objectif de l’art est d’atteindre le beau.

Si l’art est une activité humaine, on sera rapidement d’accord pour dire que les animaux ne peuvent pas faire de l’art. Si votre chien détruit votre canapé, ça n’est pas de l’art c’est juste du bordel. D’ailleurs, si on essaie de vous vendre une peinture faite par un chien, il est fort probable qu’on essaie de vous arnaquer et qu’on vous prenne pour un con.

Cependant que peut-on dire des images générées par Deep Dream ? À la base, il y a des programmeurs qui ont créé le réseau de neurones et leur ont appris à reconnaître des formes à l’aide de centaine de milliers d’images. On pourrait aussi dire que bien qu’on puisse reconnaître une certaine intelligence artificielle à la machine, il est compliqué de lui reconnaître une conscience artificielle qui serait artistique.

Cependant, même si les images transformées par l’ordinateur ne lui procurent pas d’émotion, elles peuvent en procurer à l’homme. De ce fait, même si le programme informatique n’a pas conscience de faire de l’art, il se peut qu’il en fasse pour nous autre les humains. L’art peut-il être une démarche inconsciente dans ce cas-là ?

Autre problème, à qui appartient la paternité d’une œuvre d’art qui serait passé à la moulinette de Deep Dream ? Faut-il considérer l’humain qui a produit l’image ou l’ordinateur qui l’a modifié ?

Cependant ceci n’est rien en comparaison à ce que l’avenir nous promet. Nos amis de Google (oui encore eux) ont créé, sur le même principe du réseau de neurones artificielles, un programme capable de créé des romans d’amour. Certes, le programme n’est pas forcément prêt, mais je ne doute pas que d’ici quelques années, une machine pourra écrire le prochain « 50 nuances de Grey » ou le prochain « After ». La question n’est plus de savoir si une machine peut créer de l’art, mais de savoir en fait quand elle sera en capacité de le faire.

Que peut-on penser de tout ceci ?

Le travail des techniciens de Google a été facilité par le fait que les romans d’amour ont tous une trame narrative commune, issue de la flemme des auteurs à vouloir être original. On en vient donc au grand problème de l’originalité. En littérature, on peut faire ce que l’on veut, il est quasiment sûr que quelqu’un l’aura déjà fait avant vous. Nos histoires ont été vues et revues depuis l’antiquité et nos modes de pensé ne nous permette pas de nous affranchir de ces carcans. Faut-il pour autant abandonné toute envie littéraire ? Non, je n’irais pas jusque-là parce que l’originalité réside dans la façon de traiter ces histoires et dans le supplément d’âme que nous pouvons lui apporter. Est-ce que l’ordinateur pourra apporter un supplément d’âme dans ces histoires ?

Il est encore trop tôt pour y répondre. Il y a fort à parier que la création artistique des ordinateurs a de beaux jours devant elle.

Cependant la véritable révolution sera lorsque les ordinateurs éprouveront des émotions en lisant des livres qu’ils ont eux même écris ou en regardant des images qu’ils ont eux même créées.

En tout, cas si vous voulez vous amuser à modifier des photos avec Deep Dream, le site se trouve ici.

Idées d’articles que j’ai presque écrit

Ah le deuxième article, voici un moment tout aussi délicat que le premier article. En fait, j’avais un certain nombre d’idées de chose à raconter. D’ailleurs, je vais faire la liste des choses que ce deuxième article aurait pu traiter :

-l’exhibitionnisme de la société : oui en fait, je me suis dit que nous vivions dans une société de l’exhibition. Les réseaux sociaux sont un formidable lieu où des inconnus racontent leur vie inintéressante à d’autres inconnus à la vie tout aussi inintéressante. Je me suis dit que l’apogée de l’inutile avait été atteint avec les applications de vidéo en live. Oui je parle de Periscope et de Facebook live. Ce sont deux magnifiques outils qui permettent à des gens qui n’ont rien à dire ou à montrer de se montrer tout de même. Évidemment pour faire du buzz, tous les abus sont possibles, naître et mourir en live en font partie. Cet article ne traitera pas comme ça.

-Mes premiers jours sur Kindle : j’aurais pu raconter mes premiers jours en tant qu’auteur auto-édités sur Amazon. Mais bon, c’est quand même le genre de chose qui n’intéresse que les autres écrivains et en plus je n’ai pas grand-chose à raconter pour le moment. Certes, il y a la joie de la première vente, mais bon je ne vais pas faire une vidéo sur ça (cf voir le premier thème non traité).

-Une sélection des meilleurs phrases et punchline de mes romans et surtout de « biture express » : c’était une super idée, mais j’ai eu la flemme pour le moment.

-Écrire un article sur comment écrire un article : là je pense qu’on n’est pas loin de l’idée géniale. Les tutos pour écrire des articles je trouve ça super bien. Mais le top du top, c’est les tutos pour écrire des tutos. On pourrait croire que le serpent se mord la queue mais en fait non. Il suffit de se dire que ce genre de chose se traite à un niveau différent. Je me demande même s’il y a des gens qui font payer leur tutos pour écrire des tutos sur des articles de tutos. Cela doit certainement être le besoin que la société a de pouvoir tout expliquer et tout comprendre. Mais ceci est un autre débat.

-La théorie du complot : Je comptais faire un article pour me demander si les théories du complot n’étaient pas un complot par elle-même. Le postulat de base serait de se demander à qui profite la théorie du complot au lieu d’essayer de savoir si elle est vraie ou fausse. Ne vous êtes-vous jamais posez la question de savoir pourquoi toutes ces théories avaient autant de succès sur les réseaux sociaux ? C’est d’ailleurs un sujet assez passionnant que je pense traiter une prochaine fois.

Finalement, j’ai écrit un article assez bordélique où j’ai traité tout un tas de sujet sans en aborder aucun. Je peux bosser à la télé finalement.

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