Les mondes de Lawrence Singclear

blog d'un architecte des mots

Mastodon

Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à l’autoédition, j’ai trainé sur tout un tas de sites qui donnaient des conseils pour se lancer. Ce qui revenait régulièrement, c’était de ne pas négliger les réseaux sociaux.

Il y a à peu près un an, j’ai créé une page Facebook. Cependant assez rapidement, j’ai remarqué les limites de ce bon vieux réseau. Je trouve que Facebook est un réseau extrêmement fermé quand on cherche à faire connaitre ce qu’on fait. Si on n’a pas la chance d’être partagé par des amis et les amis de ses amis, on peut crier dans le vent pendant longtemps sans avoir aucune visibilité. Justement, pour gagner quelques like, on nous propose de débourser quelques euros pour un boost qui servira à être vu par plus de personnes.

La magie de l’algorithme de Facebook fait que même en ayant des gens suivants votre page, on n’est jamais sûr qu’ils aient tous accès aux messages que vous postez.

L’autre « réseau social » qui peut aider à se faire connaitre est Twitter. J’avais ouvert un compte à l’époque où j’étais étudiant, mais je ne m’en suis jamais vraiment servi depuis. Je n’ai jamais adhéré au hachtag, à l’interface étrange et aux 140 caractères qui me paraissent toujours être un handicap pour développer des idées.

Mon erreur a été de considérer Twitter comme un réseau social. En fait, la structure s’apparente plus à un média social voire à un défouloir social. On ne va pas sur twitter pour liker les photos du petit dernier, mais plus pour faire du troll et commenter une actualité. Enfin, ceci reste une représentation que je me fais de cet espace.

Récemment, je suis tombé sur un article de Neil Jomunsi qui parlait d’un nouveau média social appelé Mastodon. Tout comme l’oiseau bleu on peut poster des messages suivre des gens ou être suivi. Ici les messages ne sont pas limités à 140 caractères, mais à 500, mais surtout l’algorithme est en open source. Il n’y a pas de centralisation de l’information. En fait, cela signifie que lorsque vous vous inscrivez sur Mastodon vous n’allez pas forcément sur le site principal, mais sur une instance décentralisée. Les différentes instances communiquent entre elles, on peut donc suivre une personne d’une instance différente à la sienne et avoir accès au joyeux bazar sur canal global (qui me rappelle un peu un MMO le jour de sa sortie).

Les histoires d’instance et de décentralisation ne sont pas forcément les plus faciles à comprendre pour un utilisateur lambda. Je me doute aussi que ça risque d’en refroidir plus d’un, mais les avantages et la philosophie compensent l’apparente complexité de la chose. On peut presque dire qu’en ce sens Mastodon est un réseau éthique.

J’ai personnellement choisi d’aller sur l’instance de la quadrature du Net, je suis au moins sûr qu’avec eux je ne risque pas d’être espionné à mon insu. Mastodon, c’est un peu la promesse que mes données personnelles ne seront pas utilisées pour être revendues à des gens qui me voient comme un potentiel client. Oui, j’ai oublié de le préciser, mais, il n’y a pas de pub sur Mastodon, d’après ce que j’ai pu remarquer les messages suivent un ordre chronologique et il ne semble pas y avoir de classement généré par l’algorithme faisant remonter certaines infos.

Est-ce que Mastodon m’aidera à toucher un plus large public ? Est-ce que cet outil ne va-t-il pas s’enfoncer dans les méandres du web à côté de myspace et de copain d’avant? On ne peut pas être vraiment sûr de rien. En tout cas, je vous mets le lien pour mon profil si vous souhaitez me suivre.

Annonces

Bonjour ou bonsoir, là-dedans, la magie d’internet veut qu’on puisse accéder aux contenus quand on le souhaite. J’espère que vous ne vous formaliserez pas de ce manque de précision temporelle.

J’ai deux annonces à vous faire. J’aurais pu faire deux billets, mais je n’avais pas envie (oui, je suis encore le maître ici).

Tout d’abord, j’ai fini de corriger mon nanowrimo de 2016. Il est passé par une première phase de relecture concernant la cohérence, une seconde pour l’orthographe et enfin une troisième pour le style.

Ces multiples relectures m’ont permis de mettre en évidence divers tics d’écriture que j’ai pris grand soin d’essayer de reprendre et de corriger. Le roman est à présent dans les mains de ma compagne qui en a la primeur.

Seconde nouvelle, je participe au concours organisé par 404 factory. Le but est de présenter un texte d’au moins 200 000 signes qui se situe dans la littérature de l’imaginaire avant le 23 avril 2017. 404 factory est une jeune maison d’édition geek qui monte petit à petit. D’après ce que j’ai compris, les textes sélectionnés seront lus par un jury professionnel. Au-delà de la perspective de gagner, c’est avant tout la possibilité d’être lu qui est intéressante et motivante. Les romans sont en accès libre et gratuit après inscription sur le site. Vous pouvez dès à présent découvrir le texte que je propose pour le concours : « Midar Online 1.0 ».

L’histoire se déroule dans le monde virtuel de Midar Online, un jeu vidéo massivement multijoueur. On y suit les aventures de Laeltin, un joueur et celle de sa guilde démocratique : « l’alliance pour la sauvegarde de la république ». Évidemment, rien ne se passera comme prévu.

J’ai écrit ce texte il y a plusieurs années quand je trainais plus régulièrement sur des MMO. À l’époque, mon idée de base était de décrire un monde virtuel très libre, où les joueurs écriraient leur propre histoire. Bien que j’ai beaucoup aimé écrire ce roman, je l’ai trouvé vraiment trop geek à l’époque. Je l’ai laissé dormir dans un coin de mon disque dur. Je me disais toujours de temps à autre que ça serait cool de le ressortir et d’en faire quelque chose, mais je ne trouvais pas d’occasions.

Le concours de 404 factory est une bonne opportunité de faire connaître ce petit bout de mon univers.

Je vous invite dès à présent à vous rendre sur le site, pour découvrir ce roman (en cliquant sur l’image ci dessous, oui c’est beau le monde moderne). Pour le moment, il n’est pas encore totalement publié, mais je rajoute régulièrement de nouveaux chapitres.

2017

Avant toute chose comme il est de coutume au mois de janvier, je souhaite à toutes les personnes qui se sont perdues sur mon îlot virtuel une bonne année. Normalement, on peut le souhaiter jusqu’à la fin du mois de janvier donc je n’estime pas être en retard pour vous présenter mes vœux.

Il est de coutume dans les blogs d’auteur de se poser des objectifs d’écriture et de genre de chose. Comme vous le savez peut-être si vous suivez bien les précédents billets de ce blog, j’ai écrit en fin d’année dernière un roman du nom de « 42 » durant le mois de novembre. Actuellement, je suis en train de le corriger. Le moins que l’on peut dire, c’est que ça prend du temps. Il se trouve que je fais beaucoup de fautes d’orthographe quand j’écris. Je me suis aussi découvert une addiction aux verbes : être et avoir, à la forme passive en général et aux phrases trop longues qui ne veulent plus dire grand-chose. J’espère pouvoir sortir ce roman sur Amazon en version électronique et papier d’ici la fin du mois de février ou de mars éventuellement.

Pour la suite, je dois dire que rien n’est précis pour le moment. J’ai une saga fantasy qui traîne dans un dossier de mon ordinateur. J’avais écrit une centaine de pages y’a une dizaine d’années. Je pourrais reprendre et peaufiner tout ça. Pour l’histoire, c’est une sorte de game of throne dans un monde similaire à l’antiquité romaine. D’après mes souvenirs, il y a plein de personnages qui discutent de ce qu’est une famille, une démocratie et qui cherche à provoquer des référendums tout en survivant à des complots.

Je suis aussi récemment tombé sur l’annonce de l’appel à texte des éditions 404. Ils demandent un texte fini de 200 000 signes minimum avant le 28 avril. Ce texte doit faire partie des littératures de l’imaginaire comme on dit. Tout ça tombe bien, parce que dans mes tiroirs, j’ai un bon vieux texte qui traîne et qui pourrait convenir. C’est l’histoire d’un type coincé dans un jeu vidéo en ligne et qui cherche à comprendre ce qui lui arrive (c’est fou tous les trucs qui peuvent traîner dans mes tiroirs quand même).

Après je pense que je participerais peut-être à divers concours de nouvelle ou appel à texte selon le timing ou mon envie.

Évidemment, en novembre j’envisage de participer au nanowrimo, même si je n’ai pas encore d’idée sur ce que je vais écrire. Mais bon, on verra ça en temps et en heure.

En tout cas, voilà pour le programme, on verra en fin d’année si j’ai réussi à tenir mes objectifs.

Quoi qu’il arrive, je vous tiendrais au courant ici même de l’avancée de ces divers projets.

Bilan du nanowrimo

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Je ne suis pas trop passé dans le coin depuis un bail. Comme vous le savez certainement, j’ai occupé mon mois de novembre à faire le nanowrimo. L’objectif que je m’étais fixé était d’écrire un roman de 50000 mots. Le texte se devait d’être inédit, ce qui signifiait que je n’envisageai pas de faire un bout d’un autre roman ou encore une suite. Alors même si j’aime bien les suites, j’avais décidé de faire cette année un texte qui ne pourrait pas avoir de tome 2.

Je peux vous l’annoncer : le défit est relevé. Ces trente jours de gestation ont donné un gros bébé de 51695 mots. Bon, pour le moment, il est rempli de fautes d’orthographe et de diverses incohérences. Mais durant la phase de correction, je m’emploierai à les éliminer.

Le but avoué est d’arriver à le publier sur Amazon où il rejoindra ce bon vieux Bitture Express.

Que dire de plus sur ce nouveau roman ?

J’ai souvent été à la bourre durant le mois et j’ai réussi à rattraper mon retard sur les derniers jours. Je n’ai pas encore redécouvert ce premier jet et il y a beaucoup de chance pour que je me surprenne mois même. Pendant les 20000 premiers mots, j’ai trouvé que je posais le cadre un peu trop vite. Après cette limite, les enjeux sont connus et le reste du texte s’attarde plus précisément sur actions des protagonistes.

D’ailleurs pour parler d’eux, je dirais qu’ils ont été à peu près sages et qu’ils n’ont pas essayé de mettre le bazar. Il y a juste une occasion où un des personnages en a eu marre d’être un second rôle. Mais je l’ai calmé rapidement.

Je travaille habituellement sans plan et ça a été encore le cas pour le coup. Si la plus grande partie était prévue en amont, j’ai tout de même laissé un peu de liberté à mon imagination pour remplir les trous.

Bon je vous raconte tout un tas de trucs pas très passionnant qui ressemble plus à un égo trip de rappeur, mais ce n’est pas grave. J’espère vous faire découvrir ce nouveau texte prochainement en tout cas !

November is coming

Le 31 octobre est enfin arrivé. On a changé l’heure et on s’habitue à peine voir le soleil se coucher de plus en plus tôt. Les feuilles tombent, le brouillard envahit les plaines de Flandre au levé du jour.

November is coming.

Oui je sais, j’ai piqué cette phrase au trône de fer. Pour le coup, le mois de novembre viendra bien avant l’hiver sur Westeros (ça fait une bonne dizaine d’années qu’on l’attend cet hiver).

Si vous avez bien suivi les derniers posts du blog, novembre veut aussi dire le mois du nanowrimo.

L’épreuve littéraire commence ce soir à minuit pour être précis. Ceci implique qu’aucun mot écrit avant minuit ne peut être comptabilisé dans le compteur de mots.

Autre règle concernant la régularité, il faut arriver à écrire 1666 mots par jours pour ne pas prendre de retard. Dans ce genre de marathon prendre quelques jours de retard peut rapidement être problématique.

Au niveau de la préparation, j’ai beaucoup joué à H1Z1 et à Rocket League sur pc, j’ai regardé des séries : Walking Dead, Westworld, j’ai pris des photos inutiles de bâtiments. J’ai téléchargé oStorybook un logiciel pour organiser mes idées, je l’ai ouvert et je l’ai fermé au bout de 5 minutes. J’ai mis à jour Open office et Libre Office et aussi language tool et Grammalectre (oui à chaque programme son correcteur pas de jaloux). J’ai paramétré mon logiciel de traitement de texte pour qu’il sorte des tirets cadratins quand je lui demande.

Bref tout un tas de truc pour dire que je n’ai toujours pas de plan. J’ai vaguement des personnages et des situations.

Je sais juste que ce soir à minuit, un type va se réveiller dans une forêt. Il ne saura pas qui il est, ni ce qu’il doit faire. Devant lui, il y aura un sentier qui mène à une cabane en bois. Sur son bras, il y aura un tatouage : 42.

Nanowrimo 2016 – La couverture du roman

42

Alors aujourd’hui, j’ai l’honneur de vous présenter la couverture de mon futur roman. Dans le même, temps pour les plus observateurs, vous remarquerez aussi le titre.

Habituellement, je fais mes couvertures de livre après les avoir écrit. Elle me permette de mettre en image un élément de mes romans. Cependant pour ce nouveau texte, je dois dire qu’à deux semaines du début des hostilités, je n’ai qu’une idée assez vague de ce que je vais écrire.

J’aime bien cette couverture, parce qu’elle ne dit pas vraiment dans quel genre littéraire on se trouve, en fait, elle pourrait aussi bien servir pour un polar champêtre que pour de la dark fantasy. Le titre est tout aussi énigmatique. Les plus geeks reconnaîtront la réponse à la grande question de l’univers et de tout le reste.

Bon évidemment j’espère que la couverture et le titre sauront donner l’eau à la bouche à quelques lecteurs. De plus, ce n’est pas forcément une couverture définitive, elle peut changer en cours de route.

J’imagine que vous avez envie de savoir comment j’ai réalisé ceci ? Ben même si vous avez pas trop envie, je vais vous le dire.

Dans un premier temps, j’ai pris en photo une tour avec mon téléphone, en l’occurrence, c’est la tour de l’église de Bergues. Dans un second temps, j’ai passé la photo au filtre Heisenberg de Prisma. L’application sur smartphone donne cet air de dessin fait à la main à la photo. Si vous ne savez pas ce qu’est Prisma, c’est une application qui fonctionne un peu comme Deep Dream de Google, mais avec des résultats moins flippant. Si vous voulez en savoir plus sur Deep Dream, j’ai fait un article dessus y’a quelques mois.

Enfin, j’ai passé l’image à la moulinette de Canva un site de création graphique qui est à la fois simple et efficace.

Maintenant, il ne me reste plus qu’à écrire le roman qui va avec l’image.

Nanowrimo 2016

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À peine le mois de septembre terminé qu’octobre montre son visage. L’été est bel et bien enterré, les écharpes mettent au placard les T-shirts et les nez qui coulent, remplacent les teints bronzés. Les feuilles tombent, la rentrée n’est plus qu’un souvenir lointain et les jours déclinent.

Pourquoi parler du mois d’octobre ? Le seul intérêt de ce mois est de donner naissance à l’issue de 31 jours de gestation au mois de novembre.

En novembre, l’agonie de l’année est pleinement consommé, le froid est définitivement là et la morosité s’abat sur tout le monde. Ce mois compte deux jours fériés : la Toussaint où on fête les sains, suivi de la fête des morts où on fête les morts (c’est joyeux) et l’armistice pour la première guerre mondiale (encore un événement avec plein de mort).

Le mois de novembre est aussi celui du beaujolais nouveau et celui de movember où les hommes se laissent pousser la moustache pour lutter contre les maladies masculines. Cette année, le mois de novembre sera aussi le mois sans tabac en France et celui des élections présidentielles aux États-Unis. Il y aurait beaucoup de choses à dire sur tous ses sujets, mais à vrai dire si je vous parle du mois de novembre, c’est plutôt pour évoquer un autre événement capital dans l’année des écrivains : le nanowrimo. Depuis 1999, le mois de novembre est celui où quelques centaines de milliers de personnes se lancent pour défis d’écrire un texte de 50 000 mots.

Le but de tout ça ? À part écrire un texte de 50 000 mots, il n’y a pas vraiment de but. Par contre, l’intérêt est de pouvoir écrire au sein d’une communauté et de pouvoir profiter de l’émulation collective. À la fin du mois, on gagne un certificat et le sentiment du travail accomplit.

Certes, à l’issue de cette orgie littéraire les textes sont plutôt bruts, mais le but n’est pas de faire du beau, mais plutôt d’avoir une première base sur laquelle on peut travailler.

J’ai déjà participé à de multiples reprises à cette expérience. Je dois avouer que je n’ai pas toujours gagné. Une bonne idée ne permet pas toujours de pouvoir tenir un roman sur un mois. J’ai tout de même réussi à sortir un roman de zombie impatient et furieux durant mon premier nanowrimo en 2007. Quelques années plus tard j’ai même donné deux autres suites à ce premier essai.

J’ai entre-temps échoué durant d’autres mois de novembre, il y a deux raisons à cela : soit par manque de temps, soit parce que l’histoire n’allait pas où je le voulais.

Ces quelques échecs m’ont tout de même laissé des bouts de roman qui sont parfois plaisant à retravailler.

Et vous me direz, qu’est-ce qui est prévu pour la cuvée de 2016 ?

Pour le moment, j’ai surtout en tête le début et la fin. Le reste est encore assez flou. Les personnages sont aussi assez floue, mais j’ai à peu près un concept d’histoire en tête. Bon par contre je n’ai pas trop réfléchis à un synopsis ou à un titre donc pour le moment vous n’en saurez pas plus.

Nos ancêtres les gaulois

De nos jours, lorsqu’on est un politique de droite, il est de bon aloi d’avoir une opinion sur ce qu’est l’identité nationale Française. Les Belges, les Canadiens, les Africains et tous les autres Francophones vous pouvez sortir, on vous rappellera (non je déconne, vous pouvez rester). Malheureusement, ce n’est pas vraiment le genre d’opinion qui remettra en cause le monde ou qui sera une grande révélation sur le destin de l’humanité…

Récemment, un ancien président qui souhaite le redevenir a sorti de son chapeau magique la bonne vielle formule : « dès que vous devenez Français, vos ancêtres sont gaulois. »

Alors déjà, si vous vous dites que les Gaulois c’est Astérix et la potion magique, eh bien je peux vous dire que vous ne partez pas sur de bonnes bases.

En fait, il faudrait plutôt parler de peuple Celte. Il n’y a pas de pouvoir central à l’époque, mais plutôt de multiples cités plus ou moins indépendante, avec une architecture, des champs, des coupeurs de bois et tous ce qu’il faut pour faire un peuple.

En fait, le pire dans cette histoire c’est que nous devons appellation de Gaulois aux Romains. Le conquérant nomme le conquit, c’est à la foi charmant et ridicule.

Au niveau de la religion, ces braves Gaulois sont plutôt polythéistes. Certes le christianisme n’était pas encore créé, mais ils auraient pu faire un petit effort. Il faut quand même rappeler qu’on nous sert à toutes les sauces que la France est de racine chrétienne. Je trouve les Gaulois assez peu civiliser pour ne pas adorer Jésus quand même.

Alors vous allez me dire, c’est quoi le rapport avec la France ? Eh bien, les gaulois vivaient plus ou moins dans le territoire de ce qu’on appelle aujourd’hui la France.

Vous me direz ensuite, c’est bien beau tout ça, mais en quoi on peut être fier de dire que nos ancêtres sont des gaulois ? Je répondrais que c’est une bonne question.

C’est bizarre, mais lorsqu’on pense aux Gaulois on pense tout de suite à Vercingétorix qui a unifié toutes les tribus pour au final tomber sur un type plus génial que lui. Le problème en France, c’est qu’on connaît plus la chute des Gaulois que leurs réalisations. Se réclamer des gaulois c’est un peu penser que Dan Quayle est un grand homme politique (je vous laisse rechercher qui il est).

Se réclamer de « nos ancêtres les Gaulois » est aussi parcellaire que honteux, c’est une identité au rabais qu’on essaie de vendre aux Français.

C’est ignorer qu’après les gaulois il y a eu les Romains, les Vandales, les Germains, les Francs et les Arabes (et tout ça avant la renaissance…).

Pour moi, ce que cet homme politique fait sans vraiment le savoir, c’est plutôt se réclamer d’Astérix et d’Obélix. Il est en effet plus glorieux de se penser comme un résistant face à l’oppression romaine tout en étant aidé de la potion magique. Malheureusement, il convient de préciser que nous parlons ici d’une bande dessinée.

Je suis Français, mais si j’ai envie qu’on me fasse rêver avec l’histoire, convoquons l’empire Romain auquel on doit notre droit, nos arènes, nos routes, nos aqueducs, la tolérance religieuse (bon ok sauf pour les chrétiens)… Pourquoi alors que Charlemagne se réclamait de l’empire Romain, on s’escrime à se réclamer de ceux battu par cet empire ?

À vrai dire le problème de l’identité n’est pas de savoir qui a occupé nos terres il y a plus de 2000 ans, mais de se poser la question de qui nous sommes aujourd’hui. On peut se réclamer autant qu’on veut des Gaulois, mais c’est méconnaître qu’ils n’ont pas construit la France et qu’ils ne sont même pas enviable pour un mythe fondateur. D’ailleurs je ne vois même pas l’intérêt d’avoir un mythe fondateur national à l’heure de la mondialisation. Nous sommes tous autant Gaulois que Romain, que Franc, que Vandale, Wisigoth, Arabe ou tous simplement humains.

Limiter la France au seul Gaulois c’est avoir honte de la richesse des origines de nos concitoyens, c’est se répandre dans la défaite d’Alésia.

Alors certes, au-delà des Gaulois, c’est une histoire fantasmée de la France qu’on essaie de nous vendre. Une histoire où il y aurait une continuité dans le changement, où la France serait une et indivisible et qu’elle aurait ses racines dans l’aube des civilisations.

Certes je ne suis pas stupide et je comprends bien que lorsqu’on veut imposer à tous les Français des ancêtres Gaulois on essaie surtout de stigmatiser une partie du peuple récemment arrivé ici. Je comprends aussi qu’on essaie de draguer un électorat apeuré qui pense qu’on essaie de remplacer la population Française… Mais bon ceci est un autre débat.

2048: entre utopie et dystopie

Alors aujourd’hui, j’inaugure une nouvelle section dans ce blog en parlant d’un livre que j’ai récemment lu. Alors, ce n’est pas vraiment une critique ou une chronique d’un roman, ça serait plus une sorte de commentaire.

Le livre d’aujourd’hui est 2048 de Yann Moe :

2048

L’histoire se déroule dans la vie de Félicité en 2048 (comme le titre l’indique). Félicité est une démocratie écologique. C’est une ville autonome sur les plans énergétique et alimentaire. Le roman suit plusieurs personnages avant et après qu’un meurtre ait été commis.

Assez rapidement, le texte nous fait nous demander si nous sommes dans une utopie ou dans une dystopie. Pour rappel l’utopie décrit une société parfaite où tout le monde est content et heureux et la dystopie c’est l’inverse. En fait non, la dystopie n’est pas vraiment ça, c’est plus une utopie qui aurait foiré. Un monde conçu comme parfait qui dérape.

Les exemples modernes de vrai utopie ne courent pas les rues. Alors que les exemples de dystopie sont légions dans la culture populaire.

Le problème principal de l’utopie est qu’elle ne fait pas de bonnes histoires. Une fois qu’on a décrit un monde parfait où tout le monde est heureux, il est compliqué de trouver une véritable intrigue pour des personnages qui pourrait évoluer dans cet univers où tout se passera toujours bien. Il n’y a pas d’enjeux dramatiques dans une véritable utopie.

Dans la dystopie, les personnages peuvent combattre le système, le subir ou le défendre.

Pour le roman 2048, l’auteur a eu la bonne idée de ne jamais prendre position pour l’une ou l’autre des solutions. À vrai dire, le monde décrit peut être interprété de deux manières différentes :

Soit, il est insupportable de vivre dans un monde codifié à l’extrême dans le seul but de sauver la nature (ça veut dire prendre une amende si on jette un papier par terre, manger de la viande une fois par semaine, ne plus pouvoir cuisiner chez soi pour économiser la cuisine et les meubles de cuisine…).

Soit, on accepte des sacrifices pour sauver la nature et on a un mode de vie écologique (avec en plus des notions de démocratie directe et une technologie plus ou moins invasive qui facilite et contrôle certain aspect de la vie).

Rapidement, on peut se dire que les habitants de Félicité n’ont plus de liberté, mais le texte rappelle constamment qu’abandonner leur liberté permet d’aider à sauver la terre. L’équation peut se résumer ainsi : vivre libre ou mourir dans une catastrophe naturelle.

Alors certes, le roman ne répond pas à toutes les interrogations sur cette société. L’histoire ne remet en cause qu’une partie de ce monde. D’ailleurs, l’auteur s’ouvre une porte pour une éventuelle suite.

En résumé, c’est un texte qui amène à une réflexion sur ce que nous sommes prêts à sacrifier pour sauver la planète. Nous ne sommes pas totalement dans une utopie, mais pas vraiment dans une dystopie non plus.

France Portugal, récit d’une dramaturgie parfaite

une coupe

Nous aimons tous les belles histoires.

Qu’est-ce qu’une belle histoire ? C’est le genre de récit où malgré des obstacles réputés insurmontables, le héros ou l’héroïne finit par gagner à la fin (ou pas). Alors certes, les légendes, la littérature et le cinéma comprennent toutes sortes d’histoire avec toutes sortes de variations, mais on peut être d’accord sur un point très important énoncé par Corneille : « à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. »

Une histoire où le héros réussit tout ce qu’il entreprend sans jamais se mettre en danger n’est pas très intéressante. Sans élément perturbateur, ce genre d’histoire lassera rapidement.

Wikipédia nous donne la définition suivante de la dramaturgie : « c’est l’art de transformer une histoire, vraie ou imaginaire, en un récit construit, comportant un ou des personnages en action. »

Selon ce principe-là je vais essayer de vous montrer pourquoi la finale de l’euro 2016 entre la France et le Portugal est une bonne histoire avec de solides bases dramaturgiques.

On va débuter tout ça par une petite liste de présentation des personnages. Il faut bien garder à l’esprit que nous ne parlons pas de sport mais de dramaturgie :

Portugal :

-Aucune victoire en coupe internationale : élément positif. Avoir la figure de l’outsider est une force dans un récit. Tout le monde aime les outsiders, ceux qui ne sont pas promis à un grand destin, mais qui y arrive à la force de leur volonté. Il y a aussi l’idée d’une quête à accomplir, être les premiers de l’histoire à ramener une coupe à la maison.

-Le Portugal n’a jamais battu la France : gros point positif. Affronter un ennemi qui nous a souvent envoyé au tapis fait monter la tension dramatique. Je pense presque à Luke Skywalker qui affronte son père dans le Retour du Jedi. Dans l’épisode précédent, Dark Vador lui avait tranché son bras et ce dernier avait dû reconnaître sa défaite. Le dernier combat de la première trilogie est donc plein de tension dramatique. L’issue est ouverte : Luke peut-il défaire son ennemi ? Les ressorts scénaristiques pour la finale de l’euro sont les mêmes. Malgré, les statistiques et l’histoire, le Portugal peut-il gagner contre la France ?

-Ronaldo le meilleur joueur au monde : pour le coup, c’est un point négatif. Dans l’imaginaire collectif, on imagine rien de mieux que la chute du meilleur. En plus, Ronaldo est du genre à avoir un égo aussi grand que son talent avec une balle aux pieds. La chute en plus d’être attendu est presque prévisible. Je vous renvoie de ce fait à toute la série de films Rocky qui présentent la grandeur et la décadence dans le monde de la boxe.

-Le parcours du Portugal durant la compétition : dire que le Portugal a brillé durant l’euro serait un mensonge. En phase de poules, ils n’ont gagné aucun match et ont enchaîné les nuls. En phase éliminatoire, ils vont jusqu’aux prolongations en 8e de finale et jusqu’au tir au but en quart de finale.Vu de l’extérieur, il faut se rendre à l’évidence, les Portugais reviennent de loin. À plusieurs, reprises, ils sont passé prêt de l’élimination. Ce genre de chose leur donne une aura combative. À vrai dire, leur tournoi dans l’euro ressemble à un épisode d’Olive et Tom. Ils sont toujours à deux doigts de perdre, mais au prix de nombreux efforts, ils arrivent à s’en sortir à la fin.

France :

-La France a déjà gagné des trophées internationaux : dans une intrigue, c’est à double tranchant. Si c’est les mêmes joueurs qui ont déjà gagné, on peut leur répondre : « ouais mais de toute manière vous avez déjà plus rien à prouver ». En l’occurrence, les vainqueurs de 1998 sont soit devenu présentateurs, soit entraîneurs ou soit rien du tout. De ce fait, vivre dans l’ombre d’un passé glorieux peut-être un bon moteur pour une histoire. Il ne faut cependant pas tomber dans le péché de vanité, parce que personne n’aime les vaniteux (cf Ronaldo)

-La France organise l’euro : là on a un mauvais point du point de vue scénaristique. Les ennemis du héros aiment bien choisir le lieu de la confrontation finale. Si on ajoute à ça un public acquit à la cause des bleus, on a une situation de force qui n’est pas bon en dramaturgie. Comment peut-on gagner alors qu’on se trouve dans le pays de l’adversaire ?

-La France a gagné avec panache ses précédents matchs : avant la finale, les résultats de l’équipe de France parlent d’eux même. On a une équipe qui avale et digère ses adversaires (bon ok, dans la réalité c’est pas comme ça, mais là on est dans une histoire). Pourfendeur de l’Islande qui avait tenu en échec le Portugal, vainqueur du champion du monde Allemand, la France est favorite dans le duel qui l’oppose à ses amis européens.

-Le Duel Ronaldo-Griezman : il y a peu de temps la finale de la coupe des champions avaient opposé le Real de Madrid de Ronaldo à l’Atletico de Madrid de Griezman. Ronaldo était sorti vainqueur de ce duel. D’un point de vue dramaturgique, Griezman doit donc se servir de cette finale de l’euro pour se venger de l’affront subis durant cette finale. Le duel de deux nations se résument donc par un affrontement entre deux hommes. Mais pour aller plus loin, on dira que les deux joueurs ont des personnalités différentes entre le plus âgé et l’étoile montante, entre le vaniteux et le timide, l’avantage va à Griezman dans la guerre des symboles. Alors certes, si nous étions dans le Trône de fer, Griezman se ferait trancher la tête à un moment après s’être vaillamment battu, mais nous ne sommes pas dans le Trône de fer et personne n’aura la tête tranchée à l’issue de la finale.

À l’issue de la présentation des protagonistes, il apparaît que les Portugais sont dramaturgiquement placé pour gagner. Il y a cependant un inconvénient majeur à leur victoire : Ronaldo, qui passe plus pour un dieu du foot que pour un humain fait de chair et d’abdos.

Le match :

C’est dans un stade de France aux couleurs des bleus, mais au son du Portugal que le match commence. La pelouse est dans un état de délabrement relatif et une armée de papillons de nuit ajoute un effet poétique aux images.

Il y a un orchestre de cuivre et de corde qui reprend 7 nations army. David Guetta mixe le tube de l’euro et de l’été, des enfants dansent et la fête commence.

Assez rapidement, l’ogre Français attaque. Les dix premières minutes montrent une équipe de France combattante et prête à tout. Les rouges peinent à repousser les attaques de la vague bleue. Le tsunami emporte le genou de leur meilleur joueur, Ronaldo est à terre. Un contact un peu trop appuyé de Payet a mis à bas le dieu du foot et l’a relégué au statut d’homme.

Le petit coup de spray magique n’a qu’un effet transitoire. Il faudra que un bandage pour permettre à Ronaldo de rester sur le terrain.

Entre temps, Griezman réussit une jolie tête cadrée qui est détourné du bout des doigts. Le public retient son souffle et alors que le match débute, il ne fait plus aucun doute que la France va ouvrir le score dans les minutes qui suivent.

Alors que les yeux portugais sont rivés sur l’état du genou de Ronaldo, Sissoko fait une percée de la défense adverse et tire un boulet de canon qui finit en corner. Le Portugal ne peut que se protéger sous l’égide de Rui Patricio, leur dernier rempart dans les cages.

À la 25e minute, le dieu tombe. Ronaldo est incapable de courir plus loin, il s’écroule et ce n’est pas un papillon de nuit qui passe dans le coin qui change la donne. Le Portugal est à terre, son joueur star est évacué en civière. Il apparaît que l’équipe n’a plus aucun espoir de victoire sans Ronaldo. La tragédie est en place.

Évidemment, je parle de tragédie dans son sens premier et grec : elle est injuste, implacable et elle s’impose au sujet qui devient un simple spectateur de sa chute. En ce sens, la blessure de Ronaldo est une pure tragédie. Il ne peut rien faire pour aller mieux et chacune de ses foulés le rapproche du moment inéluctable où il devra quitter le terrain. Il devient alors une pièce de puzzle inutile à son équipe. La seule solution est de ce faire remplacer par Quaresma, un type avec une coupe de cheveux impériale et des tatouages de gangsta.

Pendant ce temps, les Français se brisent encore et encore contre le portier Portugais. Si d’ailleurs, je puis me permettre cette analogie, le match ressemble de plus en plus à la bataille de Thermopyles. Les Portugais vêtus de rouge comme les Spartiates tiennent bon face aux assauts répété de la France. Bien que ces assauts continuent, avec le temps, ils sont moins dangereux, le glaive gaulois s’émousse petit à petit.

La seconde période n’est qu’une suite de frappes ratés et d’occasion de moins en moins dangereuse. Il n’y a que Gignac pour sortir de la torpeur la France en réussissant un magnifique tir qui s’écrase sur le poteau.

Si ce match était une corrida, le taureau serait fatigué d’essayer de transpercer le voile rouge. Les Portugais sont héroïques dans leur défense. Les Français se retrouvent dans une nasse gluante où il n’y a pas de d’échappatoire.

La France n’est plus flamboyante.

À la fin du temps réglementaire, Ronaldo revient sur la touche pour encourager ses coéquipiers. Amputé de toute utilité dans le jeu, il réussit à encourager son équipe, tel un chef de guerre avant la bataille finale (voir 300, le seigneur des anneaux et la plupart des œuvres contenant des batailles). Avec cette intervention, on est dans le pur retournement de situation, le Portugal est blessé et fatigué mais il n’est pas vaincu. Encore une fois, c’est une technique classique pour décrire une bataille. Le camp des héros est toujours moins fort sur le papier que celui des opposants. Les premiers temps de la bataille sont un vrai massacre où les héros en prennent plein la figure, mais ils tiennent bon. Alors que tout espoir semble perdu, il y a un deus ex machina, une intervention quasiment divine qui change le cours de la bataille et donne l’avantage aux héros. On ne peut pas faire de combat final où les héros gagneraient le combat sans suer une seule goutte. Certes, on peut faire un combat où les héros se font massacrer jusqu’au dernier, mais il faut que dans ce cas là leur défaite ait un sens.

Je ne reviendrai pas sur l’étrange main d’Eder qui vaut un carton à Koscienly. Bon en fait, si je suis obligé d’y revenir. Si le Portugal avait marqué à ce moment-là l’équipe aurait gagné sur un malentendu. Ce genre de victoire n’est pas pleine et entière, elle souffre d’une contestation. Les héros ne peuvent pas gagner en utilisant la triche. Certes, ils peuvent utiliser la ruse, la force ou l’intelligence, mais utiliser la triche revient à dévaluer la victoire. La triche transforme les victoires en truc « bof ».

La victoire des Portugais intervient après un magnifique (et tragique pour les Français) but d’Eder. Cette action ne souffre d’aucune contestation. Elle est la mise à mort de l’équipe de France. Alors certes Lloris peut sentir le souffle du ballon près de ses doigts, mais il est battu. Les dix minutes restantes ne sont que les reptations d’un mourant.

Que faut-il retenir de toute cette histoire ? Eh bien déjà qu’au-delà du match, c’est tout une histoire qui a été conté le 10 juillet 2016 au stade de France. Il y a eut des enjeux dramatiques, des retournements de situation et à la fin les héros ont gagné.

Il est évident que seul le Portugal pouvait gagner à la fin de cette histoire. La manière de gagner est parfaite, Ronaldo hors du terrain rajoute du suspens et son retour pour encourager ses camarades est une preuve de combativité pleine et entière. La rédemption suit la chute et dans ce scénario les éléments s’emboîtent avec perfection jusqu’au dénouement.

Une victoire de la France devant son public aurait été trop prévisible et trop cliché après leur parcours exemplaire durant la compétition.

Il est évident que cette histoire appel une suite : une vengeance de cette équipe de France durant le mondial par exemple. À vrai dire, il se peut que la véritable histoire se trouve là : la France battue et humiliée sur son territoire qui se prépare à conquérir les terres Russes pour laver l’affront. Un grand classique de tous les récits sportifs finalement…

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